Boudin : La Normandie PDF

Finalement, vous pédalez sur Pont-Audemer, la réponse de la Normandie à Venise, en Italie, moins, bien sûr, des gondoliers en chemises rayées.


Natif d’Honfleur, mort à Deauville, Boudin (1824-1898) est à la fois peintre normand et le peintre de la Normandie dont les ciels et les lumières lui fourniront la quintessence de son art.  » Vous êtes le roi des ciels « , lui disait Corot.  » Vous êtes un séraphin, il n’y a que vous qui connaissiez le ciel…  » renchérissait Courbet. Moins lyrique, mais définissant bien son art, Boudin préférait dire  » Les bourgeois qui se promènent sur la jetée vers le coucher de soleil n’ont-ils aucun droit d’être fixés sur la toile, d’être menés à la lumière…  » Cela a débouché sur cinquante ans de peinture en Normandie, au cœur de la révolution picturale d’un siècle dont l’art d’aujourd’hui est issu. Ce livre en est le témoin.

Et la campagne qu’ils fréquentaient le plus était au nord et au nord-ouest de Paris, la large vallée des méandres de la Seine et de ses affluents l’Oise et l’Epte, et sur la côte avec ses vastes ciels et ses falaises calcaires spectaculaires. S’ils ne se reconnaissent pas et s’indignent du fait, ils surestiment probablement leur propre importance. Bien que les femmes ne se baignent plus dans des tailleurs de laine et des bonnets en toile cirée qui les faisaient ressembler, comme l’écrivait un contemporain, «à un groupe de singes souffrant de la teigne» (peut-être pourquoi Boudin peignait peu de baigneurs). Promenez-vous le long de la plage, la vue est comme Boudin l’a vu.-}