Désindustrialisation, délocalisations (Rapport du CAE n.55) PDF

La réduction des inégalités sociales et du stress environnemental réduira l’incertitude politique, réduira les risques commerciaux et multipliera les retours sur investissement.


Les auteurs s’attachent à montrer que la désindustrialisation, entendue comme une diminution de la part de l’emploi industriel, est un phénomène assez naturel, dans lequel les délocalisations n’auraient qu’une responsabilité réduite elle s’expliquerait par des gains de productivité industriels qui restent importants (et sans doute stimulés par l’apparition de nouveaux compétiteurs au Sud) alors que l’élasticité-revenu de la demande de biens industriels est inférieure à 1. Au-delà de ces considérations, les stratégies d’entreprises fournissent aussi des explications à la localisation des unités de production. Plus qu’à une délocalisation systématique on assiste surtout à des réorganisations globales des entreprises : les activités se localisant non plus sur une base sectorielle mais en exploitant au mieux les avantages (coûts, fiscalité, proximité des marchés, etc.) constatés. La réorganisation des processus productifs a donc tendance à spécialiser  » le Nord  » dans les segments de la chaîne de valeur les plus intensifs en main-d’œuvre qualifiée, les phases plus intensives en main-d’œuvre non qualifiée étant plutôt localisées  » au Sud « . D’après les études référencées dans le rapport, l’ensemble de ces effets paraît avoir un effet global sur l’emploi limité en termes macroéconomiques (qui peuvent néanmoins prendre beaucoup d’importance localement) mais, en revanche, l’impact en est clairement négatif pour les travailleurs non qualifiés. Quels sont donc les véritables enjeux de la désindustrialisation ? Il s’agit de savoir si le système productif a modifié sa spécialisation productive et sectorielle vers les segments les plus dynamiques de la demande, si la  » montée en gamme « , reflet des efforts de R & D, est effective et permet de résister à la concurrence par les prix qu’imposent les pays du Sud. C’est donc bien le déclin dans les positions exportatrices françaises sur les segments géographiques ou sectoriels de la demande qui apparaît le plus préoccupant. Une constatation avérée dans le cas français qui conduit les auteurs à émettre quelques propositions de politiques économiques.

Transférer des secteurs entiers sur une base durable en accord avec les objectifs mondiaux ouvrira de plus grandes opportunités d’affaires. En plus d’investir dans nos technologies, nous nous engageons à investir dans l’avenir de gens extraordinaires comme vous. C’est aussi une reconnaissance que les tensions entre les entreprises et la société resteront à l’unisson face aux changements qui se produiront à l’avenir en raison des avancées perturbatrices dans les technologies telles que l’intelligence artificielle et l’automatisation.-}