Goya : Voir l’obscur PDF

Dépouillant l’inventaire de Brugada, Junquera a conclu qu’il s’agissait d’une concoction de la fin du XIXe siècle. »Les mots sont impossibles en ce moment en espagnol », dit-il.


La peinture a son ombre, et son nom est Goya. Le voyage au bout de la nuit, lui seul le fait. Imaginons, un instant, le monde sans sa peinture. Toute la nuit disparaît. Étrange que l’Espagne ait recueilli tant de ténèbres alors qu’à l’Italie, à la Grèce, à Rome échurent tant de lumière. Si c’est au carme déchaux Jean de la Croix qu’il revient d’avoir, le premier, nommé La Nuit obscure, à Goya incombera, deux siècles plus tard, de la traduire en peinture. Ce n’est pas la seule nuit d’Espagne qu’il attire dans son oeuvre, mais toute la part d’obscur que l’homme avant lui avait tenue cachée. Et beaucoup de la pensée occidentale se verra entraînée vers ces confins. * Voir l’obscur, quatrième volume de Notes d’un peintre de Jean-Paul Marcheschi a pour noyau central Goya, et plus particulièrement ses peintures noires. Dans ce livre, le peintre poursuit l’écriture de sa « contre-histoire de la Beauté », et s’interroge, dans la dernière partie, sur son propre rapport à l’ombre, au sommeil, à la nuit. Le premier volume paru, méditation sur le deuil et la peinture, intitulé Camille morte, concernait un tableau mal connu de Claude Monet. Le second, Lieu clair, avait pour thème central Piero della Francesca. Le troisième, La déposition des corps, réunissait des notes sur le Pontormo, le Rosso et le Greco.

Il lui a fallu près de deux ans pour se rétablir, et il est resté sourd pour le reste de sa vie. Dans les deux cas, de nombreux mystères et incertitudes demeurent aujourd’hui. Comme il arrive toujours, ces dirigeants réactionnaires qui se comportent comme des lâches dans le.-}