La mythologie scientifique du communisme PDF

Diplomate: Il est clair que la liberté pour les masses serait la chute de nous tous.


Publié en 1993 aux éditions Paradigme, épuisé, les Belles Lettres se devaient de republier ce livre fondamental sur l’une des mythologies les plus fortes de ce siècle: celle que le communisme utilisa en recourant, entre autres, à la science afin de se fonder. Boia précise dès son introduction: « Le système communiste s’est écroulé comme un château de cartes. Issue catastrophique dont les motifs sont évidents: l’oppression, l’arbitraire, l’inefficacité ne pouvaient pas se prolonger indéfiniment. Mais le vrai problème concerne moins l’écroulement du communisme que son existence même: sa cristallisation, sa mise en place, sa capacité extraordinaire de matérialiser l’utopie, sa survie au long des générations, sa force de conviction, son expansion… Aveuglement collectif? Aberration historique? L’histoire n’est ni logique, ni aberrante. Elle est, tout simplement. Il faut essayer de la comprendre. Le succès de la mythologie communiste, relatif mais incontestable ― et même stupéfiant si on le rapporte à son support matériel précaire ― ne peut être compris que dans la longue durée et en premier lieu dans la perspective de l’imaginaire.« .

C’est à l’analyse de cette mythologie que s’attache l’auteur, démontrant avec une rare précision tous ses rouages: ceux du marxisme mais aussi, plus fondamentalement, ceux d’archétypes profonds de l’imaginaire dans une structure mentale durable, que l’écoulement du temps n’a jamais érodée. Structure qui se manifeste, en premier lieu, par le Refus de L’Histoire, de l’Histoire telle qu’elle est, avec ses turbulences et ses injustices…

Après quoi, la vérité et la légende commencent à se brouiller: menés par Mao Zedong, les communistes se lancent dans une retraite stratégique dans le lointain nord stérile de la Chine, à des milliers de kilomètres de là. Une telle situation rend le travail des chercheurs intéressés difficile. Mais si nous prenons la matière dans son ensemble, comme substance infinie, la vie de pensée est toujours là.-}