Le prix du monothéisme PDF

Il y a une autre question que nous devons mieux aborder dans la violence en Afrique du Sud.


En 1997, l’égyptologue Jan Assmann publiait un ouvrage, Moïse l’Égyptien, dont les thèses allaient susciter maintes controverses : en France, en Allemagne, aux États-Unis… plusieurs spécialistes s’insurgèrent contre ce qui leur apparut comme une contribution à la critique de la religion, voire comme une attaque frontale dirigée contre le monothéisme. Au coeur du débat, toujours vivace aujourd’hui, se trouve le concept de «distinction mosaïque» forgé par Jan Assmann : un concept qui, pour certains contradicteurs, prête au monothéisme une intolérance consubstantielle ; qui, pour les autres, entend précisément abolir ce qui distingue le monothéisme. Les plus véhéments allant jusqu’à imputer à l’égyptologue une nostalgie du paganisme, voire un antisémitisme larvé. Par-delà ces derniers griefs, peu sérieux, le débat a été assez nourri pour que Jan Assmann entreprît, dans un nouveau livre, de préciser ou d’amender les concepts utilisés dans le précédent : bel exemple de retour sur elle-même d’une pensée scientifique. Il revient donc ici sur ce qui caractérise le monothéisme : cette distinction mosaïque qui est, non pas la distinction entre un Dieu unique et un fourmillement de divinités, mais bien la distinction entre le vrai et le faux dans la religion, entre le vrai dogme et les croyances erronées ; non pas l’irruption d’une croyance donnée à un moment déterminé, qui suppose un avant et un après, mais une idée régulatrice.

Jan Assmann est professeur d’égyptologie à l’université de Heidelberg. Il est l’auteur de différents outrages traduits en français : Mât, l’Egypte pharaonique et l’idée de justice sociale (Julliard, 1989) ; Moïse l’Égyptien (Aubier, 2001) ; Mort et au-delà dans l’Egypte ancienne (Le Rocher, 2003).

En tant que personne venue d’Égypte il y a longtemps, j’ai noté que dans certaines cultures arabo-musulmanes, ils n’osaient même pas prononcer le mot «cancer», car ils considèrent que la simple déclaration est inappropriée, voire dévastatrice. Mais même si la ferme est payée et rapporte de l’argent, un agriculteur devra vendre la terre s’il veut prendre sa retraite ou s’il veut la donner à ses enfants, ils devront vendre des pièces pour payer les impôts de mort. Assmann est surtout connu en Amérique du Nord et en Grande-Bretagne comme un historien profondément réfléchi de l’Egypte ancienne et de l’ancien Israël.-}