Vingt poèmes PDF

Des histoires à vous raconter sur la rive du soir, poupée triste et douce, pour ne pas être triste.


Georg Trakl est né le 3 février 1887, dans une famille de la bourgeoise commerçante de Salzbourg. Cinquième de sept enfants, il a passé sa jeunesse dans sa ville natale. Par sa gouvernante française, Georg Trakl découvre notre littérature, et subit l’influence des Symbolistes, d’Arthur Rimbaud et Charles Baudelaire. Ses relations étroites (on parlera même d’inceste) avec sa soeur Grete (Margaret) eurent une grande importance dans sa vie. Les critiques identifient souvent Grete dans la figure récurrente de « la soeur  » – figure symbolique aux multiples facettes dans les poèmes. Trakl fréquenta une école primaire catholique, tout en recevant une instruction religieuse protestante. Il entra à l’Université de Vienne où il fit des études de pharmacien, ce qui facilita sa connaissance et sa consommation de médicaments, dont les premiers psychotropes… Peu après avoir quitté l’université, il est enrôlé dans l’armée autrichienne et affecté au service médical (1912) (photo page 6). De retour à la vie civile, Trakl qui a trouvé un emploi dans une pharmacie ne réussit pas à s’adapter à la routine de la vie professionnelle, et il rejoint l’armée. Fin 1912, et pendant qu’il est stationné à Innsbruck, il fait la connaissance de Ludwig von Ficker, rédacteur en chef de Der Brenner. Ficker devient un ami et mentor de Trakl, et le publie régulièrement dans son journal littéraire. En 1913, il fait un court séjour à Venise (photo page 4). En août 1914, il est envoyé, avec son cors d’armée, sur le front de l’est, en Galice ; il participe, comme infirmier à la bataille de GrÓdek (6-11 septembre). La tuerie le révulse ; il en naîtra son dernier poèmes,  » GrÓdek « , justement (document page 60) et après une première tentative de suicide, en octobre, Trakl meurt d’une overdose de cocaïne, à Cracovie, le 3 novembre 1914. Les critiques conviennent que, si Trakl a écrit de la poésie à un âge précoce, ses meilleures poèmes datent des deux dernières années de sa vie. Et en seulement deux ans, il écrit des textes qui le placent parmi les plus importants et originaux poètes de langue allemande. Sa technique poétique est fondée sur une langue est simple et nette, et donc efficace ; et c’est avec cette simplicité qu’il témoigne du crépuscule d’une humanité dont il pressent l’effondrement, prenant rang ainsi parmi les plus grands écrivains de la Mitteleuropa (Karl Kraus, Kafka, Joseph Roth, Stéphan Zweig, etc). De son rapport à Trakl, Eugène Guillevic, – qu’on ne présente plus ! – écrit :  » Pour moi, par exemple, les poèmes de Trakl me donnent l’impression, la sensation de paroles dites dans une forêt où il y aurait un écho fragmenté par les arbres « . C’est dire si la tentative de traduction devient complexe ! Ce qui explique sans doute que Guillevic n’a traduit, en cinquante ans, que vingt poèmes de cet auteur qu’il n’a cessé de lire et relire, et qu’il récitait par coeur. Et ce qui le fascine particulièrement, c’est le jeu des couleurs, leur symbolisme très fort, comme pour un peintre :  » Trakl emploie principalement le bleu et le brun parmi d’autres couleurs dont le rouge, le noir, le vert et le doré dont il est difficile de dire qu’il a une valeur symbolique ; le bleu et le brun sont là d’une manière obsédante. Au contraire de Rimbaud qui définit de façon énigmatique ses couleurs (et là je crois avec d’autre qu’il s’agit de l’énoncé des couleurs des lettres initiales dans un dictionnaire), Trakl décrit en les accentuant les couleurs de Salzbourg, avec la forte dominante bleue du ciel et le brun et le doré des forêts d’automne.  » …

La plupart des essais modélisent exactement ce que Hoagland réclame en poésie: une accessibilité décontractée mais toujours intelligente, bien que la citation ci-dessus soit en fait une critique de certains des excès de certaines poètes contemporains plus jeunes, ceux qu’il étiquette effectivement dans un autre essai comme les clones Dean Young (ma formulation). Et plusieurs millions de lumières de la maison Allumeront pour moi le temps à venir. Je les fais en un collier sans fin pour vous les mains blanches, lisses comme des raisins.-}